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Pierre Luc
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Alain Lamontage
Jouer de la musique à bouche,
taper des pieds, raconter


Vendredi le 07 novembre, 2003

Alain Lamontagne a été comédien, il est devenu un harmoniciste recherché et ensuite l’un des pionniers du conte au Québec. En septembre 2003, dans une unité du Château Madelinot des Îles de la Madeleine, où se tenait le festival Contes en Îles, nous avons fait un brin de jasette.

Avant d’entamer une reproduction de notre conversation avec Alain Lamontagne, rappelons que…

Alain Lamontagne a d’abord été comédien, de 1973 à 1976 surtout, devenant l’un des membres fondateurs du groupe La Veillée (qui a pignon sur rue au Théâtre Prospero), avec les Julien Poulin, Marie Eckel, Gabriel Arcand… Puis il a commencé à jouer de la musique à bouche.

Sur disque, Lamontagne a accompagné bon nombre de chanteurs, Vigneault, Piché, Plume pour ne nommer que ceux-là. Mais aussi Michel Donato, lui association ayant duré de 1992 à 1998.

Depuis 27 ans, Lamontagne gagne sa vie à conter, il s’est produit sur 5 continents, des fois comme conteur, des fois comme musicien selon la langue du pays.

Devenu conteur

-Alain Lamontagne, on répète que le conte existe depuis qu’Alain Lamontagne raconte…
-Ah, le conte existe depuis bien plus longtemps… Quand l’être humain s’est organisé, après avoir mangé et tout, les gens ont commencé à raconter des histoires. Cela dure parce qu’on aime entendre autant des calomnies et des médisances et ragots que de se laisser transporter par une histoire.
-Et puis est venu la musique…
-Par après, on tapait des pieds, on jouait de la musique à bouche il manquait la parole.
-Pour vous qui étiez musicien, c’est comme devenu une déformation professionnelle de chanter…
-Un guitariste va pouvoir s’exprimer aussi par la bouche. Moi, harmoniciste, je trouvais qu’il me manquait quelque chose : j’avais le rythme avec la percussion des pieds, j’avais la musique, il me fallait les mots. C’est là que j’ai commencé à raconter des histoires. J’étais devenu un conteur.
-Toutes sortes d’histoires ?
-Disons que je suis un conteur-auteur. Ce sont soit des histoires que j’écris, ou des adaptations de mythes grecs, ou encore sur des pensées philosophiques en général. J’essaie de parler de ce qui intéresse l’humain : l’amour, la mort, le manque de communication… et aussi de trucs invraisemblables.
...et conteur important

- On dit aussi que, dans la francophonie, vous figurez parmi les conteurs les plus connus et importants.
-C’est que maintenant il y a une mode. Avant, les gens ne disaient pas que j’étais un conteur mais que j’étais Alain Lamontagne, tout simplement.

D’autres ont surtout connu l’harmoniciste. Toutefois, je suis content d’avoir «garder le fort», d’avoir continué à faire quelque chose que j’ai toujours aimé. Aujourd’hui, c’est devenu populaire et j’en suis content. Les conteurs et les festivals se font de plus en plus nombreux, on semble nous découvrir, mieux apprécier notre talent…
-Le monde aime ça, comme on dit…
-Dès que quelqu’un entend un bon conteur, de bonnes histoires, c’est rare qu’il n’est pas séduit et qu’il n’a pas hâte de revenir.

(Le présent article a d’abord été publié dans l’hebdomadaire Allô Vedetttes)

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