Les cartels mexicains de la drogue, grands pourvoyeurs du marché nord-américain, empocheraient 10 à 30 milliards de dollars de profits annuels. Au moment où le Mexique était en pleine crise financière (1995), l'argent blanchi aurait représenté l'équivalent de ses exportations de pétrole.
Ces deux estimations - parmi beaucoup d'autres - illustrent l'essor sans précédent qu'a enregistré le trafic de drogue aux cours des années 80 et 90. Il ne s'agit pourtant que de la partie émergée de l'iceberg.
L'influence politique des réseaux criminels, observée au niveau local mais aussi régional et national, pose évidemment la question du décalage entre la loi et son application. Seul le menu fretin des trafiquants semble subir les foudres de la répression; les institutions policières et judiciaires paraissent incapables d'intervenir dans certains milieux économiques et politiques. À un tel point que c'est parfois la légitimité même des institutions qui risque d'être mise en cause. Les situations où on constate une "perversion de l'Etat de droit" - exécutions extra-judiciaires opérées par les forces de l'ordre sous forme d'arrestations qui se terminent toujours mal pour les délinquants - ne valent pas mieux pour l'avenir des sociétés concernées.
extrait de L'UNESCOPRESSE
Communiqué de presse N°2002-78